L'ACHAT d'un appartement à Paris ? « Une vraie galère », grince Christine. La jeune femme, cadre trentenaire, cherche la perle rare depuis plusieurs semaines. « Entre le temps passé à éplucher les journaux, les annonces bidon et le prix de l'immobilier, il faut vraiment être fou pour se lancer dans cette aventure. » Du coup, à côté des traditionnels rendez-vous comme le Salon de l'immobilier qui s'ouvre aujourd’hui jusqu'à dimanche à la porte Maillot, la profession innove. En plein essor à Paris : les courtiers en prêts immobiliers et les chasseurs d'appartements, un métier importé des pratiques anglo-saxonnes. « Beaucoup de gens en ont marre de se faire balader par les agences, explique Jérôme Martinet, le fondateur de Flat Hunter®, la principale enseigne de la capitale. Ici, nous leur faisons gagner du temps. »
De son bureau, ce patron gère douze chasseurs. Et chacun a sa spécialité : loft appartement bourgeois ou bobo... « Ça nous permet d'être en phase avec ce que souhaite l'acheteur. » Un questionnaire minutieux sur ses désirs, des entretiens préalables avec le chasseur et un contrat en bonne et due forme (…) Le coût ? Entre 3 et 4 % hors taxes du prix de l'appartement établi préalablement, soit généralement entre 7 500 et 30 000 €. « C'est un confort, mais ce n'est pas un luxe. » Les clients, d'ailleurs, ne sont pas millionnaires : « Ce sont des gens plutôt aisés, parfois étrangers, mais pas forcement richissimes. Nous ne faisons pas que du haut standing. »
La prestation, en tout cas, est sans commune mesure avec celle des agences traditionnelles. « Nous sommes du côté des acheteurs, souligne Christophe, 40 ans, chasseur depuis un an chez Flat Hunter®. Nous ne gagnons de l’argent que s'ils trouvent ce qu'ils souhaitent. » Du deux-pièces à Bastille au loft à Montmartre en passant par le F 3 lumineux, les demandes sont précises. « On a nos propres réseaux d'annonces », souligne Christophe. La visite vient ensuite. « Il faut être très réactif », glisse-t-il. Sur place, l'expert en appartement se fait une idée. « On regarde tout. Ensuite, je téléphone à mon client, je lui parle des qualités, mais aussi des défauts. C'est une relation de confiance. Si ça lui semble bien, on le revisite ensemble. » Jusqu'à ce qu'il achète.
Comme David, 34 ans, qui a finalement trouvé un petit bijou de 80 m2, dans le XVIIIe, « à moins de 700 mètres de l'endroit idéal ». Après avoir vaguement prospecté pendant sept mois, il a frappé à la porte de Flat Hunter® : « Mon épouse et moi, nous travaillons et nous n'avions pas le temps de chercher », explique-t-il, ravi du résultat final : « Nous aurions pu acheter sept des huit appartements que notre chasseur nous a présentés. C'est un service super. » Tellement que, depuis son achat la semaine dernière, David a déjà envoyé quatre amis chez les chasseurs.
RENAUD SAINT-CRICQ